Concours Kura Master 2026 : Liqueurs Japonaises

Le concours

Créé en 2023 autour de l’umeshu, le concours des liqueurs de Kura Master a évolué lors de cette édition 2026 avec l’arrivée d’une nouvelle catégorie dédiée aux liqueurs d’agrumes. Rebaptisé pour accompagner cet élargissement, le concours ouvre ainsi un nouveau chapitre. Cette nouvelle édition s’est tenue le lundi 27 avril 2026 au Pavyllon Ledoyen, adresse emblématique de la gastronomie parisienne.

Kura Master 2026
Kura Master 2026
Pour cette édition, 125 sommeliers et professionnels des métiers de bouche ont été réunis pour départager les échantillons en compétition. Parmi eux figurait notamment Maéva Rougeoreille, présidente du jury du concours des liqueurs et cheffe sommelière officiant dans le restaurant deux étoiles de l’Auberge du Père Bise, à Talloires, dans la région Haute-Savoie. À ses côtés, des sommeliers titrés MOF (Meilleurs Ouvriers de France), ainsi que des professionnels exerçant dans de grands palaces parisiens tels que le Ritz Paris, le Cheval Blanc Paris ou le Mandarin Oriental Paris, mais aussi dans plusieurs restaurants triplement étoilés. Cette année, le concours s’est articulé autour de deux catégories : les liqueurs de prune japonaise (connues sous le nom d’umeshu) et les liqueurs d’agrumes, véritable nouvelle venue de cette édition 2026.


Maeva ROUGEOREILLEKura Master 2026Kura Master 2026

La partie dégustation s’est déroulée en 11 sessions d’environ 30 minutes chacune, au cours desquelles les jurés ont évalué des séries de 7 à 8 références par table. À l’issue des sélections, cinq liqueurs finalistes ont été retenues pour les deux catégories. Parmi elles, trois ont reçu un prix d’excellence, tandis qu’une s’est vu décerner un Prix du Jury. Un Prix du Président, encore secret, a été attribué par Maéva Rougeoreille, à une cuvée pour l’ensemble des lauréats du Prix du Jury.

Kura Master 2026
À propos de cette édition 2026, Maéva Rougeoreille, la présidente du concours des liqueurs, nous a partagé le commentaire suivant :


Le bilan de cette dixième édition de Kura master ? Une dixième qui veut dire beaucoup avec l’introduction de ce nouveau volet « Liqueurs » qui est extrêmement intéressant, car nous avons déjà eu l’occasion de goûter des umeshu depuis un ou deux ans, mais les voilà qui ont toute leur place, avec l’addition des agrumes où le gagnant de cette année est un yuzu même si nous n’avons pas goûté que des boissons élaborées autour de ce fruit cette année. On peut y retrouver tous les agrumes du Japon sur plein de différents styles qui était très intéressants à goûter. Première édition très intéressante donc, et je pense surtout au futur et à tout ce qu’on va pouvoir avoir dans les prochaines années, pour avoir personnellement déjà goûté plein de choses qui se font, notamment sur des liqueurs de shiso, de plantes aussi. Je pense que c’est le début, sur cette dixième édition, de plein de nouvelles découvertes et je trouve cela très excitant. On a commencé avec le saké et de fil en aiguille, au bout de toutes ces éditions, on arrive à avoir un panel beaucoup plus complet de ce qui se fait au Japon et qui nous, nous sert beaucoup sur nos tables de restaurants. J’ai été très heureuse de participer à cette dixième édition, à cette nouvelle découverte, à ce nouveau concours, et j’ai déjà très hâte de revenir l’année prochaine pour vous en partager d’autres.

LA MASTERCLASS

Après les sessions de dégustation, nous avons organisé une masterclass. L’événement a débuté par quelques mots prononcés par son Excellence, l’ambassadeur du Japon, M. Hideo Suzuki, qui a ainsi donné un magnifique coup d’envoi pour un moment qui l’était tout autant, placé sous le signe de la rencontre entre la gastronomie française et l’univers du saké japonais.

Ambassadeur du Japon en France, Monsieur SUZUKI Hideo

En France et au Japon, de la même façon, il existe en toile de fond une culture qui s’est forgée tout en transmettant la tradition et faisant émerger les spécificités de chaque terre comme le terroir et l’eau. Cette culture, fruit du mariage de l’homme et de la nature, détermine de façon extraordinaire l’essence même du saké japonais et du vin, devenant ainsi la fierté de la nation.
La France et le Japon, le mariage de nos deux cultures traditionnelles recèle de bien plus encore de possibilités. Le mariage entre la cuisine française et le saké japonais, c’est la découverte d’un charme nouveau que je n’avais pas soupçonné, et ensuite, un lien qui se tisse profondément. Cette année, nous avons une formidable occasion de pouvoir ressentir ces possibilités avec la proposition de Monsieur Yannick Alléno que nous accueillons en tant que membre du jury spécial.
Le gouvernement japonais a l’intention mettre en œuvre tous les moyens pour que le fruit des efforts de tous ceux qui participent à la production des alcools japonais soit reconnu en France, en Europe et dans le monde entier ; que la diversité de ceux-ci se développe davantage et que se renforcent sans cesse les exportations. L’évaluation par les membres du jury qui sont les premiers à prendre une part active dans le concours de Kura Master n’est à n’en pas douter un soutien puissant à leur diffusion dans le monde entier.

Kura Master 2026
Yannick Alléno est ensuite intervenu pour évoquer son attachement au Japon à travers ses anecdotes personnelles, et puis il a évoqué ses rencontres avec les producteurs de saké et l’influence que la cuisine japonaise exerce sur son travail. Revenant sur ses séjours au Japon et ses échanges avec plusieurs maisons de saké, il a notamment souligné la finesse des arômes et la manière dont le saké exprime son terroir, tout en insistant sur les affinités naturelles qu’il entretient avec la cuisine française. Il a également évoqué les potentialités du saké en cuisine, notamment comme autant d’alternatives au vin blanc dans certaines préparations ou sauces. Le saké permettrait d’ouvrir selon lui de nouvelles perspectives créatives pour la cuisine française contemporaine.

Kura Master 2026
La masterclass a ensuite mis à l’honneur plusieurs pairing mets/ sakés autour de trois expressions de la variété de riz du yamada-nishiki. Parmi les associations proposées, le « HYAKU MOKU Alt.3 » accompagnait une tartelette au crabe et une espuma à l’eau de tomate, tandis que « The Gate » était servi avec de petits poissons du port de Guilvinec pochés, nappés d’une sauce verte. Enfin, le saké français « Le Vent » venait accompagner une cocotte de coquillages relevée d’une mayonnaise moderne aux notes de foie gras et d’une touche de curry. À travers ces accords tout en finesse, les invités ont pu découvrir différentes façons dont le saké peut dialoguer avec la gastronomie française contemporaine.

Kura Master 2026
Kura Master 2026
L’après-midi a continué avec une conférence consacrée spécialement au yamada-nishiki, cette célèbre variété de riz à saké de la préfecture de Hyōgo. Cette année marquait en effet les 90 ans de cette dernkère et les 10 ans de Kura Master, ce qui faisait symboliquement un siècle d’histoire autour du saké japonais.

Plusieurs intervenants ont pris la parole, parmi lesquels M. Takuma Sugimoto, directeur du centre technique agricole d’Awaji dépendant du Centre préfectoral de recherche agronomique et halieutique de Hyōgo, ainsi que M. Kaichirō Hirakawa, producteur de yamada-nishiki dans la région classée type A de la ville de Katō. Les échanges ont notamment porté sur la gestion du riz, les défis liés au changement climatique, ou encore les liens entre producteurs et maisons de saké.La conférence a permis de mieux comprendre le travail et le savoir-faire qui entourent ce riz considéré comme l’un des meilleurs au monde pour l’élaboration du saké, ainsi que le rôle essentiel joué par le terroir et les techniques développées dans la préfecture de Hyōgo.

Monsieur KANO Takehiro, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire Délégué permanent du Japon auprès de l’UNESCO
Cette masterclass s’est conclue par un discours de clôture de son excellence M. Kano, représentant du Japon auprès de l’UNESCO. Il est revenu sur l’inscription, en décembre 2024, des « techniques traditionnelles de fabrication du saké japonais » au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, et a rappelé que le saké constituait un héritage culturel né du respect de la nature et du savoir transmis de génération en génération.

Il a également évoqué les accords présentés durant la masterclass entre les créations culinaires supervisées par Yannick Alléno et les sakés élaborés à partir de la variété yamada-nishiki produit dans la préfecture de Hyōgo, soulignant les nouvelles possibilités qu’ils ouvrent en matière de gastronomie. Enfin, tout en faisant référence au manga Les Gouttes de Dieu, il a insisté sur l’importance de transmettre et partager la culture du saké à l’international, avant d’exprimer son espoir de voir Kura Master continuer à jouer un rôle de passerelle entre les cultures japonaise et française :

Depuis mon arrivée à Paris à la fin de l’année 2023, j’ai eu l’occasion de collaborer à plusieurs reprises avec les membres de Kura Master, notamment le Président du Jury, M. Xavier Thuizat, et j’ai beaucoup appris sur le saké japonais. L’Ambassadeur Monji Kenjiro, l’un de mes prédécesseurs au poste de Délégué permanent auprès de l’UNESCO, qui est également Président d’honneur de Kura Master, a décrit dans son livre le potentiel de fusion existant entre le saké japonais et la culture culinaire française. Le sujet d’aujourd’hui, le mariage entre la gastronomie française et le Yamada Nishiki en est une parfaite illustration.
Comme vous le savez certainement, fin 2024, les « Connaissances et savoir-faire traditionnels relatifs à la fabrication de saké à base de koji au Japon » ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. C’est la preuve que cet inestimable patrimoine culturel, fruit du savoir-faire et de la sagesse accumulés par nos ancêtres, et de leur respect pour la nature, a été reconnu au niveau international. C’est une grande joie pour nous, et nous sommes conscients de la lourde responsabilité qui nous incombe de le transmettre aux générations futures.
Au Japon, il existe un manga populaire sur le thème du vin français, intitulé « Les Gouttes de Dieu ». Pour les Japonais, le saké est véritablement une « Goutte de Dieu », et notre objectif est de faire connaître son charme au monde entier, tout en le dégustant avec vous.
Je tiens à remercier le Comité d’organisation de Kura Master pour nous avoir offert cette merveilleuse opportunité aujourd’hui. J’espère que Kura Master continuera à jouer son rôle de pont pour les échanges culturels entre le Japon et la France, et même entre les pays du monde entier.

Kura Master 2026
Le lendemain, une séance de dégustation ouverte au public a été organisée à la Maison du Japon dans la Cité internationale universitaire de Paris. Environ 200 visiteurs et professionnels s’y sont réunis, dans une atmosphère animée portée par la curiosité et l’intérêt grandissant pour le saké japonais. Entre découvertes, échanges et rencontres autour des différentes cuvées présentées, cette dégustation publique est venue conclure dans une ambiance chaleureuse la 10e édition de Kura Master.

Les lauréats du concours Liqueurs Japonaises 2026

Jury 2026