Kura Gazette

Cépages Cipangesques


Vous n’étes pas sans savoir, si vous comptez par nos lecteurs les plus fidèles, que nous avons ouvert cette année un quatrième concours qui sera intitulé « Vins Japonais ». Nous l’avons inauguré en le restreignant uniquement à une seule catégorie, qui nous semble particulièrement emblématique et représentative des cépages japonais : le « kōshū ». Attention. Il ne faut pas confondre ce cépage avec les sakés vieillis qui peuvent être appelés « koshu ». Pour cela, il suffit juste de prolonger légèrement les voyelles dans le premier cas et pas dans l’autre.

En 2026, pour cette deuxième édition, nous élargissons notre concours à quatre catégories. Vous retrouverez bien sûr la catégorie « Kōshū » pour laquelle  le Château Mars Koshu Verdinho 2024 de la maison Hombo Shuzo (préfecture Yamanashi) a remporté le Prix du Jury, mais aussi « Muscat Bailey A », un cépage hybride producteur direct créé en 1927 par Kawakami Zembei, issu du croisement entre Bailey et Muscat de Hambourg qui a donné lieu à plusieurs variantes et descendants : cultivé bien au-delà du Japon, il reste toutefois presque inconnu en France. Et au-delà de ces deux catégories de cépages autochtones, nous avons également prévu « Cépages Blancs Européens » et « Cépages Rouges Européens » de façon à établir un véritable panorama viticole du Cipango.

Ce mot ne vous dit peut-être rien mais c’est par celui-ci qu’a longtemps été désigné le Japon par les explorateurs européens partis après Marco Polo qui avait décrit l’archipel nippon comme un véritable eldorado. C’est vers ces terres pleines de promesses que partirent les missionnaires portugais du XVIème siècle. Quel rapport peut-il bien y avoir entre cette petite leçon d’Histoire et nos concours ? A priori aucun. Si on oublie que ces évangélistes ont emmené avec eux quelques bonnes bouteilles et des cépages européens qu’ils tenteront d’implanter avec plus ou moins de succès au Japon (jusqu’à l’interdiction du christianisme décrétée par les Tokugawa le siècle suivant).

C’est ainsi que la culture du vin effectue ses premiers pas dans l’archipel. Avant d’être rapidement fauchée comme les ceps, pour ne revenir que durant l’ère Meiji (1868-1912), quand le Japon, contraint à se rouvrir sous la menace des canonnières américaines, cherchera à se moderniser et enverra différents émissaires en Occident étudier tout ce qui s’y fait.

En 1877, deux jeunes Japonais sont envoyés en France pour apprendre la vinification. À leur retour, ils planteront des cépages dans la préfecture de Yamanashi, qui deviendra rapidement un centre majeur de la production viticole japonaise.Les cépages importés n’étaient pas idéalement adaptés aux rudes conditions climatiques de l’archipel. Des espèces hybrides ont été élaborées. C’est ainsi que le kōshū, un cépage blanc ancien et plus résistant aux caprices de la météo, est devenu un des symboles de la viniculture japonaise, aujourd’hui forte d’une véritable identité et mise à l’honneur à l’occasion de la première édition de notre concours. Cette première mouture nous permet de partager avec vous les excellents retours des sommeliers de notre jury dont beaucoup déjà n’hésitent pas à proposer dans leurs établissements, des vins de tous horizons !

Nous remercions ici Mme Paz LEVINSON, grande sommelière extrêmement talentueuse et passionnée par son métier, pour chapeauter ce concours et mettre en lumière en compagnie de son jury, les atouts et les attraits des vins japonais. Devant le succès de cette première édition, nous espérons qu’un grand nombre de sommeliers français sera ravi de prendre le train en route et de participer avec nous, à cette nouvelle aventure !

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