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Un voyage dans l’archipel nippon nécessite moins un doctorat en civilisation japonaise qu’un passeport encore valide et de bonnes chaussures. Cela, et bien sûr un minimum de préparation. Surtout si l’on souhaite quitter la zone métropolitaine tokyoïte, sortir des sentiers battus et s’aventurer vers les régions méridionales de l’archipel, comme l’île de Kyūshū. Située au nord-ouest de cette grande île, la préfecture de Saga occupe un territoire à la fois discret et profondément riche.

Elle est bordée à l’est par la préfecture de Fukuoka et à l’ouest par celle de Nagasaki. Au nord s’étend la mer de Genkai, ouverte sur la mer du Japon, tandis qu’au sud la région fait face à la vaste baie d’Ariake, connue pour ses marées spectaculaires, parmi les plus importantes de tout le Japon. Saga ne se résume pourtant pas à cette ouverture maritime. L’intérieur des terres est constitué de reliefs doux et de massifs d’altitude moyenne, dont les monts Sefuri au nord et les monts Tara au sud. Ces montagnes abritent de nombreuses sources qui alimentent rivières et nappes phréatiques. Cette eau pure irrigue ensuite les plaines fertiles de la région, permettant l’essor d’une agriculture prospère, notamment la culture du riz, et fournissant aux brasseries locales l’ingrédient fondamental à l’élaboration du saké. Les plaines de Saga comptent parmi les grands greniers agricoles de Kyūshū. Grâce à un climat tempéré dont la moyenne annuelle avoisine les 16 degrés, la région bénéficie de conditions particulièrement favorables à la culture et à la production alimentaire. Ce climat doux, associé à des sols riches et à une eau abondante, a façonné depuis des siècles un terroir idéal pour l’agriculture comme pour l’artisanat.

Les historiens considèrent souvent que cette région fut l’un des berceaux de la riziculture au Japon. Les sites archéologiques de Yoshinogari et de Nabatake, situés dans la préfecture, ont livré d’importants vestiges de la culture Yayoi, qui succéda à la culture Jōmon. Cette période, qui s’étend approximativement du IIIᵉ siècle avant notre ère au IIIᵉ siècle de notre ère, marque l’introduction de la riziculture irriguée dans l’archipel et la transformation progressive des sociétés japonaises. Le site de Yoshinogari, aujourd’hui transformé en vaste parc archéologique, permet d’observer les reconstitutions d’un village fortifié de l’époque Yayoi. Les visiteurs peuvent y découvrir les structures d’habitation, les greniers sur pilotis destinés au stockage du riz et les traces d’une société déjà organisée et hiérarchisée.

Mais si Saga est importante pour l’histoire agricole du Japon, elle est aujourd’hui surtout connue pour son artisanat. La région abrite notamment les célèbres écoles de porcelaine d’Arita et d’Imari, dont les productions comptent parmi les plus réputées au monde. L’histoire de ces porcelaines remonte au début du XVIIᵉ siècle, lorsque des potiers découvrirent dans les montagnes voisines un gisement de kaolin permettant la fabrication de porcelaine véritable. Dès 1616, les premiers fours d’Arita entrent en activité. Très vite, ces porcelaines d’une finesse exceptionnelle commencent à être exportées vers l’Europe par l’intermédiaire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Les cours européennes, fascinées par ces pièces délicates et colorées, en feront grand usage, contribuant à la renommée mondiale de la région.

La préfecture de Saga est également connue des amateurs de littérature japonaise pour être le berceau du célèbre Hagakure, littéralement « caché dans le feuillage ». Rédigé au début du XVIIIᵉ siècle par Yamamoto Tsunetomo, ancien samouraï au service du clan Nabeshima, ce texte rassemble réflexions et maximes sur l’éthique du guerrier. Longtemps resté confidentiel, l’ouvrage a été popularisé en Occident sous le titre de Livre du samouraï. Il a notamment inspiré le film Ghost Dog : The Way of the Samurai (1999) de Jim Jarmusch avec Forest Whitaker dans le rôle principal.

Mais pour les amateurs de boissons japonaises, Saga est surtout connue comme une terre de saké. La préfecture possède l’une des plus fortes densités de brasseries du pays. Elle est également réputée pour être, à l’échelle de l’île de Kyūshū, l’une des régions où la consommation de saké par habitant est la plus élevée. Cette vitalité s’explique en grande partie par la qualité exceptionnelle de ses ressources naturelles. L’eau utilisée par les brasseries provient notamment des montagnes Sefuri et Tara. Elle est réputée pour sa pureté et sa composition minérale particulièrement adaptée à la fermentation. Quant au riz, second ingrédient indispensable à la production de saké, il est cultivé dans la région depuis plus de deux mille ans. Les rizières de Saga produisent aujourd’hui plusieurs variétés de riz adaptées à la brasserie, contribuant à la qualité et à la diversité des sakés locaux.

Les sakés de Saga sont généralement caractérisés par une texture onctueuse, une douceur délicate et une grande richesse aromatique. Leur équilibre en fait des compagnons idéaux pour la table, capables d’accompagner aussi bien les spécialités japonaises que de nombreuses cuisines internationales. La préfecture de Saga entretient une relation particulièrement forte avec cette boisson. En 2013, elle adopte une mesure symbolique encourageant ses habitants à porter des toasts avec du saké produit localement : chaque année, le 1ᵉʳ octobre, journée nationale du saké au Japon, la région organise des célébrations mettant à l’honneur les producteurs et les amateurs de nihonshu. À l’occasion du dixième anniversaire de cette initiative, plusieurs producteurs de Saga se sont même connectés en direct depuis le Japon pour célébrer cette journée lors du Salon du Saké organisé à Paris, illustrant ainsi la vitalité des échanges culturels autour de cette boisson. Et il faut bien reconnaître que Saga possède un atout supplémentaire : ses sakés peuvent être dégustés dans une vaisselle parfaitement adaptée. Les porcelaines d’Arita et d’Imari, héritières de plusieurs siècles de tradition, permettent de sublimer les arômes et les saveurs de ces boissons raffinées.

Entre patrimoine artisanal, paysages agricoles et traditions culinaires, Saga offre aux visiteurs un visage du Japon à la fois authentique et accueillant. Moins connue que certaines grandes destinations touristiques, elle n’en constitue pas moins un territoire riche en découvertes. Alors n’hésitez pas à baguenauder sur les routes de Saga, à vous arrêter dans ses villages, ses brasseries et ses ateliers de porcelaine, et à nous faire part de vos découvertes. Dans les prochains articles, nous vous présenterons plus en détail les brasseries et distilleries de la région qui ont été primées lors de notre concours.

 

En savoir plus :

  • Pour une première visite dans la préfecture : Asobo Saga 
  • Les sakés de Saga disponibles chez nos amis de Galerie K
  • Les sakés de Saga disponibles chez nos amis de Midorinoshima
  • Les sakés de Saga chez nos amis d’Umami
  • Les sakés de Saga chez nos amis de WewantSake

 


La région de Gifu (considérée comme le “nombril du Japon” par les Japonais) a durant toute son histoire joué le rôle d’un véritable carrefour culturel, notamment durant l’époque Sengoku (1467-1615), une période marquée par des conflits incessants entre seigneurs de guerre locaux. C’est d’ailleurs de cette région que vient le seigneur Akechi Mitsuhide qui est célèbre pour avoir orchestré l’attaque du temple Honnô-ji qui causa la mort d’Oda Nobunaga. Elle a hérité au cours des siècles d’un patrimoine gastronomique qui reflète bien sa diversité géographique et c’est celui-ci que nous allons vous présenter tout au long de cet article.

Parmi les grands wagyū japonais, la viande de bœuf de Hida (communément appelée hida-gyū) compte comme l’une des plus prestigieuses du Japon. Moins médiatisée que celle de Kobe ou de Matsusaka, elle n’en pas moins tout aussi raffinée, notamment les morceaux de viande de grade A4 ou A5, issue de bovins à robe noire, nés, élevés et engraissés dans la région. Elle peut être servie en steak grillé ou en sukiyaki, accompagnée d’un zeste de sel ou, mieux encore, en shabu-shabu afin d’apprécier la fonte du gras. Sachez que les chefs locaux privilégient souvent des portions modestes, qui permettent à la viande de s’exprimer sans excès. Car, oui, ce bœuf étant encore peu exporté et majoritairement consommé sur place, il est intimement lié à l’identité régionale de Gifu et vous donne à lui seul, une raison d’inscrire la région sur la liste de vos futures destinations au Japon.

Pour ceux d’entre vous qui d’aventure, ne mangeraient pas de viande : pas de panique ! L’abondance de poissons d’eau douce dans les rivières de la région explique le développement de la pêche locale et certaines recettes vous donneront envie de vous attabler très vite après votre arrivée, comme  l’ayu grillé au sel et servi avec un zeste d’agrumes locaux (comme le kabosu ou le sudachi) qui ravira les papilles de tous les touristes culinaires un tant soit peu gourmets. Si vous vous rendez dans la région en été, c’est un plat que vous trouverez dans les marchés gastronomiques ou que vous pourrez déguster le long des rivières.

Mais pour aller sur un terrain qui vous est cher et vous parler d’une chose qui vous intéresse au plus haut point si vous consulter cette page, la région de Gifu est également une terre de saké, grâce notamment à la pureté de son eau et à son climat, extrêmement favorable au brassage. La préfecture compte une cinquantaine de brasseries dont certaines avec plusieurs siècles d’histoire derrière elles. La douceur de l’eau de Gifu, issue des « Alpes japonaises », confère aux sakés une rondeur gustative et une légère sucrosité. Les variétés de riz utilisées, telles que le hida-homare ou le yamada-nishiki sont de première qualité et leur excellence unanimement reconnue par les acteurs du secteur. Voici trois références qui se sont magistralement illustrées lors des dernières éditions de notre concours :

Avec de gauche à droite :

« Hatsumidori Junmai-daiginjo » de la maison Okuhida

« Tamakashiwa Junmai-daiginjo » de la maison Yamada Shoten

« Hourai Hatsugumi » de la maison Watanabe

Ces trois références peuvent vous donner trois repères, ne serait-ce que si vous souhaitez effectuer des visites de kura sur place. Nous ne pouvons que vous encourager à scruter la liste des sakés disponibles dans les izakaya, cavistes et restaurants que vous fréquentez et à vous laisser tenter par une de ces quilles estampillées GIFU : la qualité sera au rendez-vous !

Pour en savoir plus :


Vous n’étes pas sans savoir, si vous comptez par nos lecteurs les plus fidèles, que nous avons ouvert cette année un quatrième concours qui sera intitulé « Vins Japonais ». Nous l’avons inauguré en le restreignant uniquement à une seule catégorie, qui nous semble particulièrement emblématique et représentative des cépages japonais : le « kōshū ». Attention. Il ne faut pas confondre ce cépage avec les sakés vieillis qui peuvent être appelés « koshu ». Pour cela, il suffit juste de prolonger légèrement les voyelles dans le premier cas et pas dans l’autre.

En 2026, pour cette deuxième édition, nous élargissons notre concours à quatre catégories. Vous retrouverez bien sûr la catégorie « Kōshū » pour laquelle  le Château Mars Koshu Verdinho 2024 de la maison Hombo Shuzo (préfecture Yamanashi) a remporté le Prix du Jury, mais aussi « Muscat Bailey A », un cépage hybride producteur direct créé en 1927 par Kawakami Zembei, issu du croisement entre Bailey et Muscat de Hambourg qui a donné lieu à plusieurs variantes et descendants : cultivé bien au-delà du Japon, il reste toutefois presque inconnu en France. Et au-delà de ces deux catégories de cépages autochtones, nous avons également prévu « Cépages Blancs Européens » et « Cépages Rouges Européens » de façon à établir un véritable panorama viticole du Cipango.

Ce mot ne vous dit peut-être rien mais c’est par celui-ci qu’a longtemps été désigné le Japon par les explorateurs européens partis après Marco Polo qui avait décrit l’archipel nippon comme un véritable eldorado. C’est vers ces terres pleines de promesses que partirent les missionnaires portugais du XVIème siècle. Quel rapport peut-il bien y avoir entre cette petite leçon d’Histoire et nos concours ? A priori aucun. Si on oublie que ces évangélistes ont emmené avec eux quelques bonnes bouteilles et des cépages européens qu’ils tenteront d’implanter avec plus ou moins de succès au Japon (jusqu’à l’interdiction du christianisme décrétée par les Tokugawa le siècle suivant).

C’est ainsi que la culture du vin effectue ses premiers pas dans l’archipel. Avant d’être rapidement fauchée comme les ceps, pour ne revenir que durant l’ère Meiji (1868-1912), quand le Japon, contraint à se rouvrir sous la menace des canonnières américaines, cherchera à se moderniser et enverra différents émissaires en Occident étudier tout ce qui s’y fait.

En 1877, deux jeunes Japonais sont envoyés en France pour apprendre la vinification. À leur retour, ils planteront des cépages dans la préfecture de Yamanashi, qui deviendra rapidement un centre majeur de la production viticole japonaise.Les cépages importés n’étaient pas idéalement adaptés aux rudes conditions climatiques de l’archipel. Des espèces hybrides ont été élaborées. C’est ainsi que le kōshū, un cépage blanc ancien et plus résistant aux caprices de la météo, est devenu un des symboles de la viniculture japonaise, aujourd’hui forte d’une véritable identité et mise à l’honneur à l’occasion de la première édition de notre concours. Cette première mouture nous permet de partager avec vous les excellents retours des sommeliers de notre jury dont beaucoup déjà n’hésitent pas à proposer dans leurs établissements, des vins de tous horizons !

Nous remercions ici Mme Paz LEVINSON, grande sommelière extrêmement talentueuse et passionnée par son métier, pour chapeauter ce concours et mettre en lumière en compagnie de son jury, les atouts et les attraits des vins japonais. Devant le succès de cette première édition, nous espérons qu’un grand nombre de sommeliers français sera ravi de prendre le train en route et de participer avec nous, à cette nouvelle aventure !

En savoir plus :


Il est des régions japonaises dont le nom résonne avec une sonorité différente.
Plus grave. Comme alourdie par le poids que l’Histoire leur a donné.
Hiroshima est de celles-ci.

Quiconque a déjà visité le Mémorial pour la Paix ou bien feuilleté les pages bouleversantes de Gen d’Hiroshima (de Keiji NAKAZAWA 1939-2012), le sait. Et si cette page ne pourra jamais complètement se refermer, la région a écrit depuis d’autres chapitres avec une encre plus vive, plus gaie et, modèle de résilience, elle a su renaître en phœnix pour devenir aujourd’hui, l’une des places culturelles les plus vibrantes de l’archipel.

Nous passerons rapidement ici sur l’okonomiyaki locale (qui mélange à la galette d’Osaka – avec qui elle se dispute tantôt joyeusement tantôt farouchement la paternité du plat – des soba) particulièrement gourmande et succulente et dont vous pourrez retrouvez la recette très facilement, pour nous attarder sur la qualité de leurs huîtres réputées dans tout le Japon pour être dodues et délicieusement juteuses : les Japonais apprécient les manger plutôt grillées ou frites, mais rien n’empêche le visiteur en goguette sur le port d’en boulotter une douzaine crues (tant que l’appétit suit car elles sont de taille et en vérité une ou deux se suffisent largement ) ! Plus de 300 producteurs œuvrent dans la région et en font la plus grande ferme ostréicole nipponne. Depuis 2023, la société Kunihiro les exporte surgelées (directement dans leurs coquilles) vers l’Europe, permettant aux gourmets de notre pays, non pas de tirer un trait sur la production française, mais plutôt de savourer un produit différent de celui auquel il est accoutumé. C’est d’ailleurs autour de ces huîtres et des fruits de mer que Xavier THUIZAT (président de notre concours « saké japonais » et accessoirement l’un des meilleurs sommeliers français) accompagné de Sonia BICHET (Meilleure Ouvrière de France en poissonnerie 2023) ont imaginé le Prix Alliance Gastronomie 2025 dont nos amis de chez Paripari.fr ont dressé un excellent compte-rendu, émaillé de magnifiques clichés.

Car Hiroshima, dont le gouverneur M. Hidehiko YUZAKI nous a fait l’honneur de sa venue lors de notre concours en mai, compte parmi les (très très) grandes régions productrices de saké. Et c’est sur quoi nous allons nous pencher à l’occasion de cet article. Il convient en préambule de prévenir notre lectorat que cette région compte parmi nos partenaires et travaille depuis des années sur le marché européen et plus particulièrement celui que scrutent tous les autres pays, le marché français.

Si le berceau du saké japonais se trouve assurément dans la région de Hyōgo, cette culture s’est ensuite répandue dans tout le pays. La région d’Hiroshima possédait une eau de grande qualité mais infiniment trop douce, c’est à dire peu chargée en minéraux (calcium et magnésium : des éléments qui favorisent la fermentation), pour convenir à l’élaboration du saké avec les méthodes connues jusqu’à la fin du XIXe siècle. Trois hommes vont œuvrer pour changer la donne et mettre cette région sur la carte du saké et accessoirement, être à l’origine de la catégorie ginjo. Ils vont ainsi s’adapter à l’eau locale, en baissant volontairement les températures pendant la fermentation, et en prolongeant la durée de celle-ci, tout en contrôlant plus précisément les levures, ce qui donnera des sakés plus délicats, plus parfumés avec des arômes floraux et fruités, ce qui donnera les sakés ginjo et permettra en 1907, lors du tout premier concours national de saké organisé par l’État japonais, d’offrir la première place à un saké de la région, provoquant un séisme dans le milieu (jusque-là dominé par les sakés de Nada et de Fushimi). Voici les trois hommes en question :

  • Senzaburō MIURA (1847-1908) : inventeur d’une technique de fermentation utilisant l’eau douce
  • Riichi SATAKE (1863 – 1958) : concepteur d’une machine à polir le riz qu’il proposera à la brasserie Kamotsuru
  • Kiyoshi HASHIZUME (1876 – 1944) :  premier directeur du département de brassage d’Hiroshima

 

La région a longtemps été l’une des préfectures qui possédait le plus de brasseries de tout le Japon. La tragédie de 1945 n’a évidemment pas été sans conséquence mais ces dernières restent nombreuses à Hiroshima. Nous en avons sélectionné sept, toutes incontournables pour l’amateur que vous êtes sûrement et qui ont, depuis 2017, récolté de nombreuses récompenses à travers les différentes éditions de notre concours :

Si vous désirez devenir incollable sur le saké, nous conseillons le livre bien nommé « Saké » de Fabien HUMBERT et Youlin LY, qui est remarquablement bien écrit et qui, par son érudition, vous donnera un très bon historique de cette boisson, en plus de vous conseiller quelques références des régions japonaises dont celle d’Hiroshima qui nous intéresse ici.

 


Nous avons déjà tenté précédemment d’apporter une définition au saké sparkling mais il nous faut aujourd’hui parler de la Japan Awasake Association. Le processus de brassage par lequel passent les sakés sparkling reconnus par cette association, est similaire en tous points à celui du saké japonais classique, jusqu’à la fin de l’étape de la fermentation dite primaire. Les artisans procèdent ensuite à une fermentation secondaire, en se basant sur leur propre savoir-faire pour produire la pétillance et l’effervescence des bulles. C’est bien évidemment lors de cette deuxième étape que tout va se jouer et que le poids des techniques et de l’expérience du kuramoto va énormément peser et permettre d’obtenir des produits différents. Si vous suivez l’actualité de Kura Master, vous avez probablement déjà compris que nous vous conseillions très fortement non pas de déguster vos boissons japonaises comme les Japonais le font traditionnellement, dans des ochoko (même si ces petits verres peuvent être de véritables œuvres d’art), mais plutôt d’employer des verres à vin classiques qui vous permettront de profiter pleinement du potentiel aromatique des sakés. Pour les sakés de la catégorie sparkling, nous ne pouvons que vous recommander un verre spécialement désigné par le grand Philippe Jamesse, ancien chef sommelier au Château Les Crayères ayant développé une série de verres à vins faits main et très appréciés des connaisseurs pour sublimer les arômes et les saveurs des boissons dégustées. Ce verre, conçu donc spécialement par la Japan Awasake Association, est baptisé « immersion » et aura nécessité près de deux années de recherches et de développement pour être produit par des artisans qualifiés et éprouvés. L’objet, aux proportions parfaites, est confectionné à la main et vous permettra de profiter vous et vos convives, d’une expérience d’un grand raffinement autour de ces bulles auxquelles vous ne manquerez pas de de devenir accro.

Nous vous recommandons particulièrement le « MIZUBASHO PURE » de la maison Nagai, dans la préfecture de Gunma, voisine de Tokyo. Il a remporté en 2020 et en 2024 le Prix du Jury dans la catégorie des « Saké Sparkling » de Kura Master, et il s’agit d’un pionnier du genre, puisque sa fabrication a nécessité près de 15 années de développement. C’est un coup de cœur du jury mais c’est aussi une réussite qui ravit depuis plusieurs années maintenant, la clientèle éclairée et curieuse des importateurs de boissons japonaises de la capitale. Mais l’Association Awasake possède d’autres références qui sauront à la fois séduire le néophyte et convaincre le plus expert d’entre vous. Le « GARYUBAI » de la maison Sanwa, présente dans la préfecture de Shizuoka, connue pour ses champs de thé et ses paysages du Mont Fuji, caracole en tête des meilleures ventes et a été le premier awasaké de cette préfecture à bénéficier de la marque de reconnaissance de l’association. Sa vivacité gustative, la finesse de ses bulles et ses arômes fruités sauront sans nul doute ravir votre palais. Nous pouvons également vous recommander le « YATSUSHIKA » de la maison éponyme, élaboré selon des normes strictes : les lies sont retirées de chaque bouteille une à une à la suite de la fermentation secondaire. Vous avez là, une boisson d’une belle douceur, avec de légères saveurs de riz et de très belles bulles. N’hésitez pas non plus trop longtemps si votre regard croise la référence « DEWAZAKURA » de la brasserie du même nom (préfecture de Yamagata), dans un catalogue d’un importateur sous nos latitudes, car vos apéritifs n’auront plus du tout la même saveur, grâce à une sucrosité délicate qui vous donnera une agréable sensation en bouche. Et puis bien sûr le « Kikuizumi Ray » de la maison Takizawa dont nous avons parlé ici.

Pour faire simple et pour résumer, nous dirions que si le saké sparkling n’ambitionne pas de remplacer partout et en toutes circonstances, nos vins de Champagne ou nos Crémant, leur grande qualité leur permet toutefois aujourd’hui de se poser en alternatives élégantes, raffinées et séduisantes. Ils sauront surprendre agréablement vos invités lors d’un apéritif ou intriguer vos convives lors d’un dîner. Et devant la porte de ce continent qui peut vous être encore totalement inconnu, il vous faudra sinon une boussole et une carte, au moins quelques repères pour vous permettre de vous frayer un chemin et des balises pour avancer sans tomber sur des écueils: le label de la Japan Awasake Association est le sésame ultime.

Vous trouverez sur leur site un catalogue avec d’autres références que les quatre présentées ci-dessus, qui seront toutes fiables et viendront remarquablement sublimer vos plats et vos discussions. À noter par ailleurs que l’Association élit depuis 2021 des ambassadeurs dont la mission est de faire dire « kampai » aux fins gourmets du monde entier. Il s’agit de professionnels ayant acquis au cours de l’exercice de leur fonction, une vaste connaissance de la culture culinaire et qui s’engagent à traduire comme ambassadeur de marque pour faire connaître les sakés sparkling mis en avant par l’Association, à l’international.

Vous trouverez parmi eux Xavier Thuizat, le président du jury Kura Master pour la section « Saké » et bien sûr Philippe Jamesse dont nous avons déjà parlé : deux autres atout de poids qui devraient définitivement achever de vous convaincre de craquer pour ces jolies quilles et de les savourer autant à l’apéritif qu’en fin de repas !

Les plus fidèles de nos followers le savent. Nous apprécions énormément le sparkling saké et au sein de cette catégorie, il serait vain de cacher une nette appétence pour les boissons dites AWA SAKE dont la production répond à un strict cahier des charges. Celui-ci est relativement simple à retenir et coulerait presque de source si nous n’avions pas peur de faire une boutade :

  • Le riz (car oui, c’est du saké et donc le riz est l’élément primordial) doit être d’une excellente qualité.
  • L’eau utilisée également (pour les mêmes raisons que la céréale précédemment nommée).
  • Aucun autre ingrédient.
  • Une seconde fermentation qui va sublimer la boisson.

Sur les cinq derniers Prix du Jury décernés par notre concours dans la catégorie Sparkling, quatre sont de l’Awa Sake Association :

PRIX DU JURY 2024 : Mizubasho PURE
PRIX DU JURY 2023 : Dewatsuru Ashitae
PRIX DU JURY 2021 : Garyubai Sparkling Sake
PRIX DU JURY 2020 : Mizubasho PURE

Alors pourquoi vaudrait-il mieux choisir un sparkling saké estampillé AWA SAKE quand on a envie de se faire plaisir ou de réjouir ses convives ? Plusieurs de nos compagnons de route comme l’immense M. Philippe JAMESSE pourrait disserter à l’envie sur les mérites et les avantages de cette boisson mais nous pouvons ici nous contenter de mettre l’accent sur :

  1. Le nec plus ultra du point de vue qualitatif par rapport à ce que nous avons vu plus haut.
  2. Un panel aromatique incomparable allant de notes sucrées et florales à des aspects plus complexes permettant des accords illimités.
  3. Une reconnaissance lors de nombreux concours spécialisés au sein et en dehors des frontières japonaises.
  4. Un savant mélange de créativité technique pour produire ce qui n’existait traditionnellement pas dans l’Histoire japonaise et éblouir néanmoins tout consommateur.

La plupart des cavistes spécialisés dans le saké aujourd’hui vous propose ces boissons. Alors si vous saisissiez l’occasion d’une fête printanière pour découvrir ce continent que vous ne connaissez peut-être pas encore ou redécouvrir ces merveilles ?

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