Interview des gagnants 2017

Le Dimanche 08 Août 2017 ont eu lieu l’annonce officielle et la cérémonie de remise des Prix du Président, et Prix du Jury du concours « Kura Master », premier concours français de saké. Ces évènements se sont déroulé dans l’enceinte du plus célèbre « Salon du Saké » à Paris. Pour la première édition du concours cette année, 221 exposants ont présenté un total de 550 sakés différents (2 catégories : 266 sakés Junmai-Daiginjo, et 284 sakés Junmai). Dans chacune de ces deux catégories, les 5 meilleurs sakés ont été récompensés par les mentions spéciales du Jury, et le prix du président par le président du concours Xavier Thuizat.


* Le stand Kura Master

Xavier Thuizat, Président du jury

Je pense que le saké est le seul alcool pouvant remplacer le vin blanc.

– Quel est l’élément essential au développement du saké en France ?

En tant qu’ambassadeurs, il est nécessaire que les sommeliers des hôtels et des restaurants transmettent leurs connaissances sur le saké aux clients. Pour ce faire, la chose la plus importante est que, nous autres les sommeliers, nous approfondissions nos connaissances à propos du saké.

– Pensez-vous que le saké puisse de développer en France ?

Parmi un grand nombre d’alcool, je pense que seul le saké puisse remplacer le vin blanc. C’est en partie dû à leur arôme et leur aspect minéral similaires. La pureté et l’élégance du saké font de lui un alcool ayant un très fort potentiel de développement en France, selon moi.

– Quel est le type de saké préféré des Français ?

Les Français ont tendance à préférer un saké ayant un arôme fort, mais les sakés récompensés cette fois-ci n’étaient pas nécessairement de ce type. En effet, le mariage réussi entre un saké et la gastronomie était plus important aux yeux des Français que son arôme et sa puissance. Par ailleurs, je pense que beaucoup de Français confondraient le saké et le vin blanc lors d’une dégustation à l’aveugle.

Prix du Président, Shichida junmai ginjo Omachi 50

Kensuke Shichida, Président et PDG Tenzan Brewing Co., Ltd. (Préfecture de Saga)

Les Français sont parvenus à exprimer précisément leur opinion, chose que les Japonais ne parviennent pas à faire.

– Parmi le top 10, vous avez gagné 3 Prix du Président. Pouvez-vous nous raconter votre impression après votre victoire, et sur votre participation au concours ?

En participant au concours « Kura Master » j’ai pu participer en tant qu’exposant pour la première fois au « Salon du Saké ». J’ai senti que les visiteurs possédaient de grandes connaissances dans le domaine du saké. Certaines personnes suggéraient même que tel saké se mariait avec tel plat.
J’ai également été surpris par la capacité des Français à exprimer leur opinion. Un grand nombre de visiteurs discutaient de la texture ainsi que de la sensation du saké en bouche. Pour les japonais qui ne parviennent pas à exprimer leur opinion, la richesse de la sensibilité française est très impressionnante. Jusqu’à maintenant nous exportions principalement en Amérique et en Asie. Maintenant, grâce aux prix « Kura Master », je crois en le développement du saké en France puis en Europe et j’aspire à leur faire découvrir la beauté de la culture japonaise, et celle du saké se mariant avec les plats et les saisons.

Prix du Jury, Hana no ka Oka


Kanda Kiyotaka, Président et PDG de Hana no ka Brewing Co.,Ltd (Préfecture de Kumamoto)

Je pense que le saké pourrait se développer fortement en Europe à partir de maintenant.

– Parlez-nous de votre ressenti à propos du concours « Kura Master » et du « Salon du Saké ».

Je pense que les Japonais ne sont pas les seuls à s’intéresser au commerce gastronomique. En effet, un grand nombre de Français et d’Européens se sont rassemblés au Salon du Saké dans le but de déguster. J’ai ressenti que cet évènement n’était pas seulement français mais également européen, c’est pourquoi Je pense que le saké pourrait se développer fortement en Europe à partir de maintenant. Paris est la capitale de la gastronomie, c’est donc un réel honneur qu’en ce lieu de grands chefs sommeliers Français dégustent nos sakés.

– Quelle fut la réaction des Français qui ont gouté votre saké ?

Les Français ont principalement pensé que notre saké est « floral », qu’il se marie bien avec les légumes, etc. Nous avons reçu beaucoup d’avis semblables. Ce qui nous a rendu le plus heureux, c’est le fait que les Français aient remarqué l’arôme floral et éclatant de notre saké.

Médaille de Platine, Mizubasho, Junmai daiginjo Sui


Noriyoshi Nagai, Directeur délégué de Naigai Brewing Co.,Ltd (Préfecture de Gunma)

Je suis convaincu qu’il existe un marché potentiel pour le saké en France.

Je pense que l’équilibre, la finesse et l’élégance sont les trois mots clés essentiels en France. Nous, NAGAI STYLE, nous avons achevé la production en 2014 de 4 types de sakés pouvant se marier avec la gastronomie. Nous avons ainsi pris des mesures pour faire rentrer le goût du riz sur le marché du vin. La France est un pays touristique, et je suis extrêmement heureux que notre vin soit reconnu par des experts du vin dans ce berceau du vin et de la gastronomie. Je suis convaincu qu’il existe un marché potentiel pour le saké en France.

Médaille de Platine, Junmai daiginjo « Kinokuniya bunzaemon »


Koji Nakano, Président et Directeur délégué de Nakano BC Brewing Co.,Ltd (Préfecture de Wakayama)


J’ai confiance en le fait que notre saké peut être plus facilement accepté en Europe

– Parlez-nous de votre ressenti vis-à-vis du « Salon du Saké » et du concours « Kura Master ».

Beaucoup de participants au « Salon du Saké » étaient des Japonais vivant en France, mais j’ai été surpris de constater qu’énormément de Français montrent de l’intérêt pour le saké. Parce qu’il y a maintenant des producteurs de saké en France et dans le monde, je crois que nous pouvons espérer franchir le mur que les Japonais ne pouvaient pas dépasser. De plus, notre saké junmai daiginjo « Kinokuniya bunzaemon » récompensé par la médaille de platine a fermenté pendant 3 ans à -5°°C, puis pouvant enfin apprécier pleinement sa saveur umami et son arrière-gout, nous avons décidé de le mettre en vente en Février cette année. Cependant, l’impression sur ce saké des Français et des Japonais fut différente. Ceci est dû à la culture unique du vin en France, plus particulièrement la « finesse du palais au vieillissement » et « sensibilité au umami » des Français.
En incluant la majorité des saké récompensés provenant de l’Ouest du Japon, j’ai confiance en le fait que notre saké peut être plus facilement accepté en Europe grâce à la saveur umami. Nous visons principalement le développement de notre entreprise à l’étranger, mais j’ai senti qu’il y avait une réelle opportunité à saisir en Europe.

Médaille de Platine, Bunkajin, Junmaishu


Aya Arizawa, Directrice générale d’Arisawa Brewing Co., Ltd (Préfecture de Kochi)

C’était impressionnant de pouvoir transmettre une impression de manière concrète et précise.

– Parlez-nous des impressions des visiteurs après avoir dégusté.

La capacité des Français à pouvoir transmettre une impression de manière concrète et précise était vraiment impressionnante. Par exemple, ils ne vont pas seulement dire que le saké possède un arôme fruité, ils vont également préciser de quel fruit il s’agit. Nous avons reçu également beaucoup de retours comme quoi notre saké avait un goût similaire au vin blanc. Leur gorge étant habituée au tannin du vin, certains disaient apprécier le goût riche du saké. J’ai alors senti qu’il nous serait possible de saisir de nouvelles opportunités. Le saké que nous produisons est parfois qualifié de trop fort ou concentré par les Japonais. C’est pourquoi nous étions confiant de nous faire évaluer par des Français.Je pense que la compétition sera encore plus rude l’année prochaine, mais nous continuerons à produire notre saké avec fierté.

Médaille de Platine, Nishi no seki Tezukuri junmaishu


Yukiko Masaike, Directice du marketing à l’étranger de Kayashima Brewing Co.,Ltd (Préfecture d’Oita)

Je pense que notre saké a été reconnu et choisi pour son affinité avec la gastronomie Française.

– Parlez-nous de votre impression sur votre victoire.

J’ai été vraiment surprise lorsque notre saké fut récompensé car il possède un arôme relativement fort, contrairement aux autres sakés provenant de l’Ouest, et je me suis demandée s’il avait été récompensé car l’arôme est très présent. Si je devais décrire ce saké, je dirais qu’il est d’avantage pour buveurs experts plutôt que pour des buveurs occasionnels.Pour nous qui voulons produire un saké capable d’accompagner un repas afin de l’apprécier petit à petit durablement, nous ne visons pas seulement à accompagner la gastronomie japonaise, de Kyushu, mais également celle de France. C’est pourquoi nous sommes vraiment ravis d’avoir été choisi et reconnu pour l’affinité de notre saké avec la gastronomie Française.

Médaille de Platine, Fukucho, Junmai ginjo Hattanso


Miho Imada, Directrice déléguée d’Imada Brewing Co.,Ltd (Préfecture d’Hiroshima)

Prions pour que Ginjo devienne un mot international!

– Parlez-nous de votre impression en tant que participante au concours « Kura Master »

Je ne m’attendais vraiment pas à recevoir une des médailles de platine du Top 10 lors de cette première édition du concours « Kura Master », j’en suis réellement ravie. Nous avons travaillé pendant 20 ans sur la renaissance de notre saké récompensé « Tomohisa-cho junmai ginjo hanttanso » en cultivant le meilleur riz de la préfecture d’Hiroshima, le « hattanso ». Je pensais que le gout sauvage fort rendant le riz « Hanttanso » unique ne conviendrait pas à un concours étranger. C’est pourquoi le fait que notre saké soit récompensé en France me donne l’impression que toutes nos années de labeur furent également récompensées. De plus, j’ai été touchée par les félicitations de Mr Xavier Thuizat sur le site officiel de « Kura Master ». J’ai pu rencontrer cette personnalité à Paris. Je me souviens qu’il a été profondément ému par la confiance de mes ainés d’Hiroshima dans la volonté de transmettre en dehors de leurs frontières leur passion pour le saké ginjo. Je voudrais exprimer ma profonde gratitude envers Monsieur Keiichiro Miyagawa, président de l’association « Kura Master », Mr Sylvain Hue, organisateur du « Salon du Saké », et envers tous ceux qui ont participé à l’évènement. Merci beaucoup. Enfin, « Prions pour que Ginjo deviennent un mot international ! »

Médaille de platine, Kihotsuru Junmai ginjo, Yamada nishiki


Ayako Komori, Directice de la firme Kiyama (Préfecture de Saga)

Je pense que ce concours va devenir un tremplin pour développement du saké en France.

– Parlez-nous de votre impression en tant que participante au concours « Kura Master »

La diffusion du concours sur Facebook et à la télévision ont eu des répercutions formidables, je suis déçue de ne pas avoir pu me déplacer jusqu’à Paris. Le « Salon du Saké », ainsi que le concours Français de saké pour les Français « Kura Master » sont deux projets magnifiques. Je pense d’ailleurs que ce concours va devenir un tremplin pour développement du saké en France.

– Parlez-nous des impressions des visiteurs après avoir dégusté.

Beaucoup de visiteurs n’avaient jamais bu de saké. Nous pensions qu’ils allaient trouver notre saké trop fort, mais contre toute attente, les visiteurs l’ont tous apprécié.Le saké est un alcool semblable au vin. C’est, d’après moi, pour cette raison que l’intégration du saké est plus simple ici. La France étant la nation du vin, il pourrait y avoir plusieurs opportunités de développement du saké à saisir dans le futur. J’espère que les Français pourront alors également apprécier les différents usages du saké, et par-dessus tout durant leur repas.

Président de l’association “Kura Master”

Keiichiro Miyagawa, Représentant

Je pense que le seul le saké peut remplacer le vin blanc.

– Parlez-nous de votre impression après la clôture de cette première édition du concours « Kura Master »

Tout d’abord, je savais que ce concours serait un projet fantastique. Pour cette première édition nous avons réellement commencé de zéro, ce qui a nécessité beaucoup de temps et de collaborateurs. J’ai appris à connaitre l’équité, la clarté, et plus que tout, j’ai appris à connaitre la signification de transmettre correctement aux autres sa passion.
Néanmoins, je suis convaincu que de nombreux Français du vin ont jugé le saké comme le vin, ont commenté et sont parvenu à comprendre l’affinité entre le saké et la gastronomie. Je me demande si les Français seront maintenant en mesure de comprendre un peu plus ce qu’est le saké.

– Parlez-nous de votre enthousiasme pour l’année prochaine.

L’association Kura Master est une association qui, au travers d’une seconde édition du concours l’an prochain, tente d’accroitre la consommation du saké en France, de transmettre des connaissances et développer le tourisme autour du saké, de sensibiliser les professionnels du vin au saké, de promouvoir l’affinité du saké avec la gastronomie, etc. Nous souhaitons développer l’intérêt pour le Japon au travers du saké main dans la main avec vous, Français, dans ce berceau de l’histoire, de la culture, et du tourisme
Grâce à ce concours, nous voulons renforcer la culture des générations suivantes et développer un réseau international. Nous espérons ainsi fortement que notre activité contribuera à l’avenir à renforcer également les relations entre le Japon et le monde entier. L’année prochaine nous allons continuer d’étendre la reconnaissance du saké sur le territoire Français. S’il vous plait, attendez les prochaines éditions de « Kura Master » avec impatience.

Interview : Relations publiques : Asaoka